C’est une colline enchantée, coiffée de cèdres centenaires inscrivant l'espace dans le temps long d’une histoire chère à la mémoire savoyarde...

Situation géographique

Bassens est une commune limitrophe, à l’ouest avec Chambéry, au sud avec Barberaz, et à l’est avec Saint-Alban-Leysse. Sa superficie est de 311 hectares. Le territoire se développe sur le revers oriental du petit massif des Monts depuis l’altitude maximale 558 m jusqu’à la plaine de la Leysse (altitude 292 m).

Au plan géologique, les Monts forment le contrefort sud-occidental du massif subalpin des Bauges et montrent à l’affleurement, pour l’essentiel, un ensemble de calcaires compacts. Leur richesse relative en ammonites et fossiles divers, a permis de les attribuer à l’ère secondaire, et plus précisément au jurassique supérieur (150-145 millions d’années).

Ces calcaires supportent des dépôts meubles d’abord d’origine glaciaire puis d’origine fluviatile. Les premiers sont des moraines, sédiments terro-argileux abandonnés par les glaciers au cours de leur retrait. Les seconds sont les alluvions de la Leysse, sédiments sablo-graveleux qui modèlent, au pied des versants, une pente douce vers Chambéry.

La voie gallo-romaine

Origines de la commune

Le secteur des Monts de Chambéry et de Bassens a été l’objet d’une occupation humaine dès le néolithique (ca - 2500 ans). Par la suite, les Allobroges colonisent les lieux. Après la soumission des tribus gauloises par Rome entre -121 et -60 avant J.C., les gallo-romains s’installent sur les Monts, du côté de Lémenc, et sur le territoire communal actuel.

Pour faciliter les échanges et les transports de troupes vers Rome, une voie prétorienne est construite à l’époque d’Agrippa. Venant de Vienne (Isère) pour aboutir à Aoste (Augusta Praetoria, en Italie), elle passait sur Bassens à flanc de coteau, sur l’actuelle route de Saint Saturnin, pour se diriger vers vallée de la Tarentaise et le col du Petit Saint Bernard. Au niveau du Carrefour de la Croix (Bémaz), elle croisait une autre voie venant du sud qui permettait depuis Grenoble, via la trouée de Saint-Saturnin, de rejoindre Aix et Seyssel, puis Genève (voie Saturnina).

Durant le haut Moyen Age, Bassens n’est probablement constitué que de quelques feux. Il faut attendre le XIIIe siècle pour voir la population s’accroître, lorsque la Maison de Savoie fait de Chambéry sa capitale.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le pourtour de Chambéry se couvre de nombreux couvents et de prieurés, dont celui de Bassens. Au delà des remparts et des faubourgs de Chambéry, une vie agricole se développe activement. Bassens était qualifié ainsi : « bon fonds de terres labourables et vignes ; peu de près »

Au XVe siècle, les vieilles familles féodales s’éteignent peu à peu. Une nouvelle noblesse apparaît liée aux institutions prestigieuses que compte le duché de Chambéry. Elle fait construire de nombreuses demeures seigneuriales, notamment des maisons fortes, hors les murs de Chambéry. Certains bâtiments sont encore visibles à Bassens.

Toponymie

Probablement d’origine gallo-romaine (domaine d’un certain Bassius) ou burgonde (bassingos), la mutation du nom de la commune s’est opérée lentement par déformations successives : Baisinis ou Basinis vers 1100, Basins en 1164, Baisins, Bacins, Bassinum en 1234, Bacinum en 1479, Bassin en 1675, Bassins en 1732, pour arriver à l’étymologie Bassens, dans sa version définitive.

Organisation du bâti. Développement au cours des siècles.

Il n’y a pas si longtemps, aux XIIIe et XIVe siècles, Bassens était constitué de 3 hameaux : celui du prieuré qui correspondait au quartier de l’église du chef-lieu, celui dit Sous-la-Croix près de la maison forte de Lambert et celui du Mollard sur la route de Saint Saturnin. Le bas de la commune était très peu peuplé et livré à l’agriculture grâce aux canaux d’irrigation. Au plan démographique, et d’après Gabriel Pérouse, Bassens comptait 231 habitants en 1776, 418 en 1806, 453 en 1838 et 765 en 1861.

L’essor démographique de la commune devient évident au XXe siècle, dans les années trente. Les années d’après-guerre sont marquées par de l’urbanisation dans le secteur de la Plaine et par des aménagements importants en matière d’équipements sportifs et scolaires. L’extension de la commune est avant tout matérialisée par l’implantation d’une vaste zone commerciale autour de la RN 512 (route construite en 1938, actuelle avenue de Turin) : enseigne Carrefour en 1969 et galerie Galion en 1971.

A partir des années 90, consécutivement à différentes lois en faveur du logement social et d’accession à la propriété, le nombre d’immeubles collectifs augmente de manière très significative sur le haut et le bas de la commune. En janvier 2019, le nombre d’habitants à Bassens est proche de 5000.

La densification progressive de l’habitat a certes modifié la physionomie de la commune, notamment son caractère campagnard. Toutefois, Bassens a la chance de posséder un patrimoine paysager important (jardins, parc du Centre hospitalier spécialisé, zones boisées) qui structure et modère l’étalement urbain de ces dernières années. Ce patrimoine paysager qui donne l’esprit des lieux, est un capital symbolique qu’il s’agit de protéger au même titre que les bâtiments anciens encore présents dans la commune.

Les différents quartiers de Bassens