C’est une colline enchantée, coiffée de cèdres centenaires inscrivant l'espace dans le temps long d’une histoire chère à la mémoire savoyarde...

Patrimoine archéologique

Bassens a révélé un patrimoine invisible intéressant.

  • Néolithique. Le site de Saint-Saturnin a livré de nombreux vestiges néolithiques. De même, à la hauteur du Clos Bressieux, sept bâtiments ainsi que de nombreux fragments de poterie datant de l’âge du bronze ont également été repérés.
  • Période gauloise. Des céramiques allobroges ont été mises au jour au niveau de l’ancienne mairie en 1860 et dans le bois de Mérande, proche du château de Bressieux, en 1971.
  • Période romaine. En 1895, un bassin gallo-romain a été trouvé à l’emplacement de l‘église actuelle de Bassens. En 1990, on pense avoir repéré un ilot de maisons gallo-romaines sur la colline de Chantoiseau près du château de Bressieux (fouilles Daniel Rattaire.
  • Période post romaine. Des tombes burgondes ont été retrouvées en 1860 derrière le château de Bressieux.

Sur cette photographie prise en 1970, on peut observer les modifications qui ont été faites depuis cette date dans le CHS :

  • ancien bâtiment de la direction (1), jardins cultivés par les patients (2), vignes (3), ancien bâtiment des sports (4), anciens ateliers d’ergothérapie (5), conciergerie (6).
  • emplacement de tombes mérovingiennes (A), futur terrain de sports (B), emplacement du site gallo-romain (C),  futur service enfants (D).

Principaux lieux de fouilles réalisées en 1990 dans le CHS par une équipe dirigée par Mr. Daniel Rattaire

Emplacement des fouilles réalisées en 1990 dans le CHS

Patrimoine religieux

Il est riche. Bassens possède 3 clochers et plusieurs bâtiments qui soulignent à la fois l’influence de l’Eglise dans la vie de la cité et la foi de nos anciens.

La maison Pillet et l’actuel presbytère

L’ancien prieuré Saint Barthélémy de Bassens

Créée à Bassens en 1317, la paroisse de Bassens fut prise en charge par les chanoines de Saint Martin-de-Miséré (Isère/Montbonnot) car au Moyen Age, la région de Chambéry dépendait de l’évêché de Grenoble. Un comble compte tenu des relations politiques tendues entre la Savoie et la France ! Un prieuré paroissial vit le jour. Le prieur de Bassens avait sous sa dépendance, outre ladite paroisse, celle de Saint Alban et ND de Vérel. Cinq ou six religieux s’y installèrent. En l’an 1467, le prieuré fut annexé par la Sainte Chapelle de Chambéry qui avait besoin de ressources supplémentaires. Un des rôles du prieuré était de prélever la dîme. Concernant Bassens, Saint- Alban et Vérel, les revenus perçus chaque année au XVe siècle par le Chapitre de Chambéry représentaient, entre-autre : 3,25 tonnes de blé, 2,7 tonnes de seigle, 30 tonneaux de vin et …. 800 Florins !

La maison Pillet est un bâtiment situé au chef-lieu. Elle n’était probablement qu’une partie d’un ensemble plus vaste englobant l’actuel presbytère. Il subsiste de cette maison, côté route, un escalier extérieur en pierre. Sur la façade Est se trouve deux fenêtres à cordons moulurés et à biseaux cintrés. La partie supérieure de la première fenêtre est faite d’une minuscule baie sous une accolade que surmonte une petite croix. La seconde fenêtre présente un meneau vertical orné de sculptures en haut-relief : pampres de vigne vigoureux qui sortent de la base et qui portent de lourdes grappes de raisins. Cette décoration rappelle que le Prieuré vivait de la vigne. Rachetée à la commune par un particulier, la maison Pillet est actuellement en réfection.

L’église dédiée à Saint Barthélémy au chef-lieu

C’est au XIXe siècle que le révérend Anthelme Comoz met toute son énergie pour obtenir la construction d’une nouvelle église et la réfection du prieuré. Le travail est confié à l’architecte diocésain Revel. L’église, construite entre 1894 et 1896, est orientée Sud/Nord en forme de Croix latine avec deux chapelles latérales dédiées à Notre Dame et Saint Joseph. Seul, le clocher à droite de l’entrée fut conservé. Derrière l’autel, on peut admirer trois vitraux représentant Saint Barthélémy, Saint Anthelme et Saint François de Sales, les deux derniers étant les saints les plus célèbres de Savoie. Un écrit de 1277 indique que saint Barthélémy a été choisi pour saint-patron de la commune. Ce saint est injustement associé au massacre décidé par Catherine de Médicis le 24 août 1572.

Les fêtes paroissiales étaient l’occasion d’une grande fête au village. A la Saint Barthélémy, les fidèles partaient en matinée en pèlerinage depuis l’église vers la chapelle de Saint Saturnin. La fête populaire commençait à midi. On y venait de loin en très grand nombre. Amélie Gex, une poétesse de langue savoyarde, a écrit vers 1850 que cette vogue aurait pu : « lutter de gaieté, d’entrain et de bruit avec les plus fameuses kermesses des pays flamands ». Les gens de toutes conditions s’y côtoyaient et on raconte que même le roi de Sardaigne s’y rendit un jour, et se fit interpeler par un habitant : « Mon chu le rey totié mié la man ; vous êtes venu ve nostra voga ; vos êtes ou bon bougre » ; le roi rit de bon cœur de cette familiarité. La vogue de Bassens, ou fête du patron de paroisse, était très attendue chaque année en août. La proximité de la vogue provoquait un regain d’animation pour les ménagères qui s’affairaient au nettoyage complet de la maison ou la préparation des repas. La vogue se tenait dans un grand pré du chef-lieu puis, jusqu’au début des années 70, à l’endroit du stade de Longefand.

L'église du chef-lieu

Plan d’urbanisme en date du 13 juin 1891 indiquant que la maison Pillet était à cette époque le presbytère.

Visite du roi Victor-Emmanuel 1er de Savoie à la vogue de Bassens en 1816

Transcription En ce dimanche qui suit la St Barthélémy, patron de cette paroisse, sa majesté accompagnée de son auguste épouse et des jeunes princesses se sont rendues au pré de la vogue vers cinq heures du soir et après avoir fait le tour, elle s’est retirée au milieu des acclamations d’un peuple immense, enivré de la joie la plus pure. Sa majesté est arrivée à Chambéry le 1er juillet et en est partie le 28 août 1816.

Saint Louis du Mont

C’est une grande bâtisse construite par les Jésuites en 1603 au lieu-dit « La Paillasse », quand ils dirigeaient déjà depuis une quarantaine d’années le collège de Chambéry. « Peu d’eau, peu d’ombre, mais beaucoup de soleil et de vue », voilà ce qu’ils trouvèrent en ce lieu. Au XVIIIe siècle, c’était encore la résidence de campagne des jésuites. Au XIXe siècle, elle abrita un petit séminaire, puis un aérium. Saint Louis-du-Mont est devenu un hôpital secondaire pendant la guerre de 14-18 : de nombreux blessés belges y séjournèrent. Le 11 novembre 1988, lors de la commémoration annuelle de l’armistice de 1918, il a été indiqué que : « Saint Louis du Mont fut transformé en 1917 en sanatorium pour accueillir des soldats belges ». Depuis 1961, le lieu abrite l’institut médico-pédagogique départemental (IMP) et accueille des enfants de 6 à 14 ans.

Eglise Sainte Thérèse

L’église Sainte Thérèse

Construite en 1950 sous l’impulsion du Chanoine Henri Féjoz avec l’aide de ses paroissiens, elle a pour vocation de rassembler les fidèles de plusieurs quartiers de Barberaz, de La Ravoire et de Bassens, de part et d’autre de la Leysse. Plus de 25 ans après la pose de la première pierre, le clocher a reçu en 1977 sa flèche ardoisée, avec à son sommet une croix très fine surmontée d’un coq en cuivre martelé. Elle abrite des fresques « al fresco » dues à Nicolaï Greschny. Cet artiste, d’origine estonienne, est célèbre non seulement pour ses fresques, mais aussi par ses icônes. Il a peint sur les murs de Sainte Thérèse des scènes de l’Evangile, une théologie en image d’inspiration byzantine dans sa plus pure tradition. Outre les fresques murales, l’église est agrémentée de vitraux

Chapelle du CHS

Elle date de 1865. Construite dans les bâtiments d’origine (ceux construits avant l’extension dans le domaine de Bressieux), elle faisait face autrefois à l’entrée de l’asile.

Chapelle du CHS

Chapelle du Mollard

Petite chapelle sur le chemin de la Brazière, bâtie pour la retraite du père Comoz (1888-1914)

Chapelle du Mollard

Les croix de chemin

Plusieurs croix ont été érigées sur le territoire de la commune. En général elles étaient implantées au croisement des routes et des chemins. Elles pouvaient être entièrement en pierre de taille calcaire, ou composées d’un croisillon en ferronnerie fiché dans un socle en pierre de taille. Plusieurs croix ont disparu. Par exemple celle qui existait au croisement de la route de saint Saturnin et de la voie romaine, sous la petite maison forte du Mollard ou celle qui était située à l’intersection du chemin de la « Basine » et de la rue Lamarque.

La Croix de Saint Concord
(sur les Monts, en limite de Chambéry et de Bassens)

La Croix de Chenavier (au début de la rue de l’Eglise)
Croix de mission

La Croix des Bouvards (route de saint Saturnin)
Croix à flamme, symbole de la pitié

Croix des Curés (dans le cimetière)

Croix des Oublis (au croisement de la rue Centrale et de la rue de Longefand, endroit appelé la Porte des Oublis)

Les oratoires

Ces petits édifices religieux peuvent se présenter sous diverses formes : une simple niche, une stèle surmontée d’une niche et d’une croix, une guérite couverte d’un toit avec une niche protégée par un grillage ou des barreaux. La Vierge est à l’honneur. Il n’y a plus aucune statuette d’origine.

L’oratoire de N.D. de Bon Rencontre sur la route de saint Saturnin, au niveau de saint Louis du Mont.
Il marque l’emplacement où s’élevait au 18° siècle la chapelle de N.D. du Mont qui attirait beaucoup de monde

L’Oratoire du Mollard, sur la route de saint Saturnin

Notre Dame de tous les jours (début de la rue Lamarque)

Vierge à la rose (rue de l’Eglise)
Au-dessus d’une pompe à eau

La Vierge de N.D. de Lourdes (route de Vérel)

Le cimetière

Durant la Première Guerre mondiale, 150 soldats belges blessés par balles ou éclat d’obus, mais aussi intoxiqués par les gaz de combat, ont été soignés dans l'hôpital secondaire de Saint Louis du Mont. 55 d’entre eux décédèrent. Les corps non réclamés par les familles, au nombre de 36, furent inhumés dans le cimetière de Bassens. Le 11 novembre de chaque année, leur mémoire est honorée.

Le carré des Belges