C’est une colline enchantée, coiffée de cèdres centenaires inscrivant l'espace dans le temps long d’une histoire chère à la mémoire savoyarde...

Chambéry - Bassens : quand la valse des permis de construire sur la colline des Monts inquiète ses habitants...

Le projet immobilier le « Confidentiel », sur la rue de Budapest, un programme qui fait jaser.

Située à cheval sur trois communes, la colline des Monts surplombe le bassin chambérien et demeure un lieu privilégié, de quiétude, de paix… pour qui a les moyens d’y vivre. Mais tout a un prix et son pouvoir d’attraction a flatté le nez des promoteurs qui s’en donnent à cœur joie. Les constructions s’enchaînent alors que ni les voiries, ni les aménagements piétons, ni même les services publics ne suivent. Une association s’est emparée de cette problématique, en septembre. Elle attend toujours de pouvoir être entendue.

De loin, elle s’impose, de près, elle en impose. Maisons de standing et villas modernes dessinent un paysage forcément aguicheur, sur cette colline avantageusement orientée, plein sud, au-dessus de la ville, de la brume, du tumulte, parfois. Là-haut, ils sont des privilégiés ou perçus comme tels. Et pourtant…

Il a fallu que se crée une association, pour « la sauvegarde de la colline des Monts » pour que se fasse jour l’étendue du problème ; là-bas, on construit à tour de bras. Une urbanisation croissante « source d’impacts sur la vie des habitants » , sifflent les membres de l’association « Il en a pourtant fallu beaucoup » , se souvient Simone Manon, présidente, « mais une chose m’a déterminé à agir, lorsque pour le permis de construire du Confidentiel, dans le virage de la rue de Budapest, le promoteur a fait couper des arbres. C’était inimaginable ».

Située à cheval sur trois communes, la colline des Monts surplombe le bassin chambérien et demeure un lieu privilégié, de quiétude, de paix… pour qui a les moyens d’y vivre. Mais tout a un prix et son pouvoir d’attraction a flatté le nez des promoteurs qui s’en donnent à cœur joie. Les constructions s’enchaînent alors que ni les voiries, ni les aménagements piétons, ni même les services publics ne suivent. Une association s’est emparée de cette problématique, en septembre. Elle attend toujours de pouvoir être entendue.

De loin, elle s’impose, de près, elle en impose. Maisons de standing et villas modernes dessinent un paysage forcément aguicheur, sur cette colline avantageusement orientée, plein sud, au-dessus de la ville, de la brume, du tumulte, parfois. Là-haut, ils sont des privilégiés ou perçus comme tels. Et pourtant…

Il a fallu que se crée une association, pour « la sauvegarde de la colline des Monts » pour que se fasse jour l’étendue du problème ; là-bas, on construit à tour de bras. Une urbanisation croissante « source d’impacts sur la vie des habitants » , sifflent les membres de l’association « Il en a pourtant fallu beaucoup » , se souvient Simone Manon, présidente, « mais une chose m’a déterminé à agir, lorsque pour le permis de construire du Confidentiel, dans le virage de la rue de Budapest, le promoteur a fait couper des arbres. C’était inimaginable ».

Un constat sans appel

Résidente des Monts depuis trois ans, Simone a pris les choses en mains et a rassemblé autour d’elle 85 membres prêts à faire entendre la voix des Monts. « Nous voulons être acteurs et pas seulement spectateurs de cette urbanisation » , confie-t-elle. « On a bien compris que ces projets immobiliers étaient, pour cette majorité, un héritage, ils subissent l’ire des gens pour des programmes qui n’étaient pas les leurs » , tempère-t-elle cependant. Une façon de faire passer un message apaisé, l’ASCM n’ira pas au clash et compte ben coopérer pour rendre le cadre de vie plus supportable.

Car ce cadre de vie est bien bouleversé par nombre de programmes immobiliers parfois… intrigants. Rue de Saint-Saturnin, cinq immeubles dispersés de part et d’autres de la voirie pour une centaine de logements, la villa Lemenc, pour laquelle des arbres classés ont été abattus et au sujet de laquelle la ville a imposé au promoteur l’implantation de 20 autres, le projet Babylone, de 24 logements et d’une hauteur au sol de 11,2 mètres, dont la desserte, chemin de la Violette, semble trop étroite pour supporter la cinquantaine de véhicules à venir, le Confidentiel, rue de Budapest, dont l’accès devait se faire au préalable sur le boulevard des Monts avant qu’il ne soit déplacé sur la rue elle-même, une voirie en lacets, porte d’entrée sur les Monts depuis la sortie 17 de la VRU… Ce n’est qu’un florilège et on ne peut éluder l’absence de transports en commun sur l’ensemble du quartier, les accès piétons limités voire, par endroits, inexistants, notamment sur la rue de Saint-Saturnin qui conduit à l’école du chef-lieu de Bassens ou encore les bandes cyclables, tellement étroites que sur certains passages, elles ne font guère plus que la largeur d’un pneu de vélo… « Dans mon immeuble » , soupire encore Simone, « s’il y a le feu, les pompiers ne pourront pas intervenir, faute d’accès. Et on nous renvoie que c’est l’ancienne majorité ! » Le constat est sans appel.

Les hauts des Monts déjà bien urbanisés.

Le poumon vert de Chambéry

Jean-Philippe Peiny a fait comme quelques familles historiques de Chambéry et s’est installé sur les Monts voic quelques années. Son adhésion à l’association coulait de source. « J’ai adhéré parce que j’ai vu, sous le château de la Bâtie, à Barby, comment la colline s’est urbanisée. Les gens sont les uns sur les autres ». Il craint de voir la sienne subir le même sort. Thierry Vanneaud, ancien de chez Pechiney et ancien chef d’entreprise, était, lui, venu de Suresnes, en région parisienne, il avoue au début, « n’avoir retrouvé ni la proximité ni la convivialité » qu’il avait là-bas. « Jusqu’à tous ces travaux qui ont fait que le rideau s’est enfin déchiré ». Comme si la promesse d’un chaos créait subitement la rencontre et l’échange. Pour tous les deux, les Monts « sont restés dans leur jus » or « l’urbanisation crée le déplacement, le déplacement crée l’infrastructure » , explique Jean-Philippe. « Il n’y a pas eu de schéma directeur, aucune étude d’impact. Lorsque les résidences sur le haut des Monts ont été construits, les bus ont été parallèlement retirés ». Un comble alors que les Monts sont, pour eux, « le poumon vert de Chambéry ». Aujourd’hui, trois accès permettent d’y accéder, par la rue de Budapest, depuis la VRU, le boulevard des Monts, depuis le centre de Chambéry et la montée de l’église, depuis Bassens et dès que la voie rapide urbaine est bouchée, « tout le monde passe par chez nous ». Pour mémoire, le 8 octobre 2021, lorsque les travaux de nuit sous le tunnel avaient pris du retard entraînant la coupure de la circulation au matin, de nombreux véhicules avaient pris la direction du col de Saint-Saturnin via les Monts. Avec les conséquences que l’on peut imaginer. Le message qu’ils veulent envoyer est celui-ci, « nous sommes vigilants, nous voulons travailler avec vous. Si on ne fait rien, l’enfer sera pour bientôt, aux Monts ».

« Un silence méprisant »

Lors de l’assemblée générale, le 13 octobre, Simone Manon dressa une sorte de cahier des charges pour les années à venir : « Il semble que toute nouvelle construction devrait impliquer la prise en considération de la nature des voies d’accès, des possibilités de stationnement, de la gestion des poubelles, de la mise en place des transports collectifs dans le secteur concerné. De ce point de vue on a l’impression que les programmes immobiliers ont été acceptés sans que soit intégrée cette nécessité pas plus d’ailleurs que n’ont été anticipés les dégâts causés par les mines et les brise-roches sur l’habitat environnant ».

Ce jour-là, l’ASCM s’était fixée trois objectifs ; la sauvegarde des espaces verts et de l’environnement, la veille légale liée à l’urbanisme (PLUI) et la surveillance de l’évolution des services publics et de la voirie en adéquation. En somme, elle désire collaborer plutôt que seulement dénoncer et chercher des responsables*. Pour aller dans ce sens, dans un courrier adressé au maire de Chambéry, Thierry Repentin, le 9 décembre 2021, l’association détaillait les points à examiner en priorité, « la question de la protection des arbres remarquables qui, bien que situés sur des espaces privés méritent d’être protégés. La question de la voirie et de la circulation en général, y compris douce. L’implantation, du ramassage des poubelles et de la propreté en général et enfin, la problématique des transports collectifs ». Dans ce même courrier, l’ASCM précisait que le conseil de quartier du Laurier, vers lequel ses membres sont systématiquement renvoyés « n’est pas le bon périmètre » d’analyse, car la colline des Monts n’est qu’une partie du quartier en question, aux particularismes trop spécifiques par rapport au reste du périmètre. A ce jour, cette lettre n’a toujours pas reçu de réponse**, ce qui a eu le don d’agacer les membres de l’association qui ont qualifié ce silence de « méprisant » , tandis que la mairie de Bassens avait, elle, proposé une rencontre, le 18 janvier***. « Nous sommes là pour débattre, pas pour nous battre » , conclut Thierry Vanneaud. Car ce qui est fait est fait. Reste à éviter que le pire ne soit encore à craindre.

* Dans le projet de campagne municipale de Demain Chambéry, la liste commune aujourd’hui aux manettes, le point 64 précise qu’il ne peut y avoir de nouvelle construction sur des espaces verts, agricoles ou naturels, et qu’aucune construction ne peut se faire sans desserte « de bonne qualité ». Chaque construction sera conditionnée à des dessertes à pieds, à vélo, en bus. Une réponse à l’urbanisation jugée galopante, reproche adressé à la majorité de Michel Dantin.

** Pour seule réponse, l’association avait été invité, le 14 décembre, à participer à l’un des six groupes de travail autour de l’amélioration du cadre de vie (réouverture d’une maison pour tous quartier du Laurier, développement d’équipements pour les jeunes, préservation des espaces verts, réduction des incivilités, revitalisation du Faubourg Montmélian et de la place d’Italie et travail sur l’équilibre entre les différents modes de déplacements). Réponse insatisfaisante au demeurant.

*** L’accueil a été, aux dires de la présidente, bienveillant, il a résulté de cet entretien la réactivation du conseil de quartier des Monts, en sommeil du fait de la crise sanitaire.

Jérôme Bois